Livre : Chronique littéraire de « Belle du Seigneur » d’Albert COHEN

Genre : Roman
Année : 1968
Edition : Gallimard

J’en suis venu à bout de ces 1100 pages, j’ai tout lu, même les chapitres non ponctués, j’ai vaincu la somnolence qui m’envahissait… Amis lecteurs, pour venir à bout ce cette œuvre, qui je dois bien l’admettre, est, de manière partielle, un véritable Chef d’œuvre littéraire, d’ailleurs récompensé en 1968 par l’Académie Française qui lui a décerné son « Grand Prix » du roman, il va falloir vous armer de patiente, et surtout de courage…

Outre des scènes d’amour pures et sincères, qui vous rappelleront à la perfection les sentiments divers et profonds que nous procure la passion amoureuse des premiers temps ; outre la scène du bal, qui fait tourner la tête à un tel point qu’on pense en ressentir soi-même le sentiment amoureux ; au-delà de cet amour fusion que l’on vit un peu par procuration tellement il est remarquablement décrit, je vous le demande : que s’est-il passé dans la tête de l’auteur ? Craquage de slip frénétique ? Parfois, sur 50 pages durant, aucune ponctuation ne vous aide à lire ou à comprendre le sens de ce qui est écrit. Oh, bien sûr, on passerait volontiers quelques pages ni vu ni connu, comme par exemple la scène de l’hôtel ou Albert COHEN nous livre les commentaires désobligeants et haineux des clients à la chaine, sans ponctuation aucune, le tout étalé sur 10 pages. Mais on se retient, car on a peur de passer à côté de quelque chose d’important, d’un indice, d’un message… Assurément, il est vrai qu’on a régulièrement envie de laisser son livre de côté, voire de le jeter ou encore de l’offrir à quelqu’un qu’on n’aime pas, mais on tient bon, on s’accroche, et on avance pour le pire mais surtout pour le meilleur !

Car oui, incontestablement, un message est toujours caché derrière ces passages longs longs…et…longs… Car Albert COHEN est un poète dans l’âme et qu’il est le maitre incontesté de la description parfaite de ce que l’être humain peut dire, faire, ressentir, vivre…Par ailleurs, les passages que je qualifierais de « normaux » nous laissent ravis et surtout rêveurs tant son style d’écriture relève d’un niveau et d’une qualité difficilement égalables. Belle du Seigneur, c’est avant tout un vrai délice pour les amoureux de la langue Française.

Cependant, pour vaincre les 1100 pages, la « Ténacité » est la qualité qui ne devra point vous faire défaut. Je me suis même demandé durant ma lecture, tellement ce fut un supplice pour moi de terminer ce livre, pourquoi il n’avait pas réduit son œuvre en l’amputant de certains passages. Seuls Albert COHEN, et sûrement aussi sa femme, à qui il dédia ce livre, en ont le secret.

J’ai acheté ce livre car j’avais envie d’amour et de romantisme et je dois admettre que j’ai été servi jusqu’à mi livre environ. Le reste, que je vous laisse découvrir, ressemble, pour moi, à tout, parfois même à n’importe quoi tant la folie semble l’emporter sur l’amour. Peut-être, effectivement, que cette relation fusionnelle si forte fait perdre la raison de notre bon « Sol », mais en tous cas, ce n’est en rien, pour moi, la magnifique histoire d’amour que l’on m’avait décrite (Peut-être y a-t-il des petits menteurs dans mon entourage qui se sont arrêtés à la préface ?).

Les disputes entre les personnages principaux sont souvent ridicules et peu réalistes. Ariane n’est que l’ombre fantasmée d’une femme imaginée par un homme écrivain et Solal le plus antipathique des héros de romans dit d’amour que l’on ait jamais lu. De plus, les tourments de nos tourtereaux nous semblent bien peu tant ils dégoulinent d’argent et de bienséance bourgeoise. On nous sert ici rien de plus qu’un « Amour, Gloire et beauté » écrit par un poète au style de génie.

Pour conclure, si j’ai l’occasion de croiser M. COHEN au paradis après mon trépas, je lui dirais que s’il a craqué son slip en écrivant ce livre, j’ai bien failli découper de rage le mien en 1100 petits morceaux en le lisant…

Mamaslip

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